Qu'en est il de notre jeunesse égarée ? S'il suffisait de remonter dans le passé, on pourrait retrouver les moments d'innocence avant que le non-sens de l'âge adulte vienne tout bousiller. Les pastiches servis dans les coulisses, les Faust aux copies qui ont rendu l'âme au moins offrant.
S'il fallait faire un détour, la Belgique, ne manque pas d'air. Joelle a enregistré deux titres surannés, en l'espace d'une année. Deux titres dont la qualité confère à une musicalité d'orfèvre. Il fut un temps, où les enfants enregistraient ce qu'on leur imposait. Dans le cas de Joelle, il faut écouter jusqu'à la dernière mesure, Adieu Manège dont la poésie se concentre dans un final poétique. La Face B s'emballe et soudain se termine sur trois points rythmiques jazzy.
Alors qu'en face, la bossa remplace le jazz, on s'aperçoit qu'il n'y a pas d'adage pour chanter les amitiés, celles qui dépassent les faux-semblants. Et quel disque ! Willy Mortier et son orchestre apportent cette particularité. Adieu Manège est l'aveu de la fin de l'enfance. Passage au cran supérieur. Alors que Bossaminova prend une toute autre direction.

