Ce n'est qu'au début des années 80 que le duo Areski Fontaine a pris un nouveau tournant, utilissant la musique électronique. Des musiques traditionnelles un peu délaissées, par leur apparente simplicité aux nouvelles approches de compositions. Ce 45 tours prolonge ce que l'album Vous et Nous avait intronisé : une intuition de codes musicaux très stricts transmis oralement, de bandes magnétiques, reconstituées. Les patterns rythmiques et l'emploi d'instruments atypiques pour Areski et Fontaine renouent avec une musique plus conventionnelle, une Pop moderne mais à la fois nostalgique. Signé chez Celluloïd, le single est un écart dans la discographie de Brigitte Fontaine.
Sorti en 1984, la Face A est de facture très simpliste, la volonté de revenir vers quelque chose de plus précis, beaucoup moins expéimental. Le matériau de base est une sorte de super accord composé de notes très proches les unes des autres, dont l'accordéon diatonique est l'illustration. Durant cette période, le duo ne produit que très peu. Il faudra attendre 1988, avec French Corazon pour le retour de Brigitte.
De l'autre côté, place est laissée à Areski avec la dérive, avec l'utilisation de delay fondés sur des accords répétitifs. Il en fait varier les notes presque insensiblement, pour une conversation imaginaire, comme une angoisse à travers le temps. Cela aurait pu être inspiré des situationnistes ( théorie de la dérive), une accumulation d'individus dans des mégalopoles, que l'espace dans lequel chaque individu peut se gratifier s'est rétréci progressivement. La dérive rejoint cet espace contigu.

















