mardi 29 septembre 2026

C'est Brigitte qui le dit

 Ce n'est qu'au début des années 80 que le duo Areski Fontaine a pris un nouveau tournant, utilissant la musique électronique. Des musiques traditionnelles un peu délaissées, par leur apparente simplicité aux nouvelles approches de compositions. Ce 45 tours prolonge ce que l'album Vous et Nous avait intronisé : une intuition de codes musicaux très stricts transmis oralement, de bandes magnétiques, reconstituées. Les patterns rythmiques et l'emploi d'instruments atypiques pour Areski et Fontaine renouent avec une musique plus conventionnelle, une Pop moderne mais à la fois nostalgique. Signé chez Celluloïd, le single est un écart dans la discographie de Brigitte Fontaine.


Sorti en 1984, la Face A est de facture très simpliste, la volonté de revenir vers quelque chose de plus précis, beaucoup moins expéimental. Le matériau de base est une sorte de super accord composé de notes très proches les unes des autres, dont l'accordéon diatonique est l'illustration. Durant cette période, le duo ne produit que très peu. Il faudra attendre 1988, avec French Corazon pour le retour de Brigitte.


De l'autre côté, place est laissée à Areski avec la dérive, avec l'utilisation de delay fondés sur des accords répétitifs. Il en fait varier les notes presque insensiblement, pour une conversation imaginaire, comme une angoisse à travers le temps. Cela aurait pu être inspiré des situationnistes ( théorie de la dérive), une accumulation d'individus dans des mégalopoles, que l'espace dans lequel chaque individu peut se gratifier s'est rétréci progressivement. La dérive rejoint cet espace contigu. 


Derrière ce sourire de façade, Brigitte Fontaine et Areski analysent leur monde, dans une incertitude presque sociale.


dimanche 27 septembre 2026

Groupement Culturel Renault - Cadences

 Alors qu'au nom de l'ordre et de la raison, la Sainte arnaque continue de galvaniser la peur, l'individu se retrouve enfermé dans un quotidien où le travail le rend esclave. Aux caprices du capital, l'ignorance est le pire aspect.

Mesdames et messieurs, à votre bunker !



Justement parlons-en de ce disque sorti en 1973, en pleine crise pétrolière. C'est qu'il est encore d'actualité, l'oeil du chefaillon qui espionne chaque mouvement, le cadre qui en sort, merci pour vos sévices. Toujours prôné comme valeur suprème, le travail est remis en question. Il ne laisse que très peu de places aux passions cachées. Enregistré par un groupe syndicaliste de musiciens engagés contre la répression des ateliers où la machine demande toujours plus de sueur, le Groupement Culturel Renault a réussi un coup de maître.


Un collectif ambitieux chargé de dézinguer l'infernal patronat toujours en proie à des manies dignes de psychotiques du fric, Cadences 1 ne rogne pas sur la critique. 


Le label Expression Spontanée a fait la part belle aux autoprods du folk au rock, jusqu'aux disques politiques. En face B, Cadences 2 enfonce le clou !

mercredi 23 septembre 2026

Mais alors !

 Il te semble que tout est perdu si tu n'as pas un gouvernement qui te dise : tu as le droit d'aller à tel endroit d'assister à tel événement. 

Est-ce vivre que de trembler sous la crainte d'être frappé du sceau de l'interdit ? Je préfère souffrir toute ma vie dans la révolte que dans l'esclavage ainsi je n'ai point besoin de m'excuser. Notre société se délite, les livres sont mis au rebut, les objets de convoitise ne sont plus que données virtuelles. Le disque reste encore à l'écart de cette désincarnation. 

Qu'est ce qui ne va pas ? tout et rien à la fois. Notre monde est totalement dysfonctionnel. Il reste la musique comme rempart à cet ennui suintant.


Et qui d'autre que Jo Alan ( déjà proposé Chez Les Chansons Perdues) pour poser la bonne question ?


Jo Alan est Belge, il chante depuis belle lurette, prêchant la bonne parole ( 45 tours le Prédicateur), ou évoquant les vampires, une tripotée de disques durant une période concentrée entre 1966 jusqu'à 1983.

Chanteur très aprécié jusqu'à figurer au panthéon culturel de la Belgique, ses EPS ont atteint le continent Français. Bizarrement ses deux albums fleurent avec l'Easy Listening, loin de ses chansons personnelles.


De quelle année date ce 45 tours ? Bonne question. 

mercredi 16 septembre 2026

Bizarrerie


Retournons en arrière en 1969 avec Les Hyènes de Levallois, leur EP vit le jour dans un contexte où le rock se matérialisait dans des thématiques décalées, absurdes et abaracadabrantes. Publié en auto-production, ce disque a vite été considéré comme culte. Par sa pochette caricaturale, les Hyènes de Levallois ouvrent le bal avec un titre de facture très classique : Au coeur de l'été. Le deuxième titre, Hervé Martine burlesque par ses paroles et un phrasé typique de la Pop Sixties. Aucune information n'est apportée au verso de la pochette. Ce qui rend le groupe encore plus étrange. C'est surtout avec le Rock Du Vampire en face B que le disque prend une toute autre tournure : la Novelty Pop. Dracula, vampire et autres bestioles horrifiques. S'ensuit Boum Boum, autre titre ironique. 


Hormis les noms des membres du groupe figurant au recto de la pochette, nulle indication de la production, le mystère est total. 



dimanche 6 septembre 2026

Belle Chic & Frites

Personne ne se souvient du bref passage de Kari Kollgang dans l'émission de Stéphane Collaro. Le temps d'un refrain et d'un couplet, le couperet tombe mais la promotion de ce 45 tours publié en 1980 a marqué les esprits chétifs des foyers habitués au TOP 50.

Drôle de symbole, en Belgique, on regarde les Français avec un oeil circonspect, les productions artistiques étant taillées pour convenir à un public branché sur la FM, incapables de dénicher la petite curitosité qui se distingue du tout-venant ingurgité jusqu'à l'indigestion. 

Non pas que  Kari Kollgang ne soit réservé à une élite de connoisseurs, mais l'écurie Belge arrivait à passer au travers des mailles de la chanson Française et de ses fadaises sirupeuses toutes semblables ( le fameux HIT).

C'est l'humour qui faisait cruellement défaut et qui encore est déficitaire dans un pays archaïque, incapable d'auto-dérision. Aux refrains dégoulinants de gimmicks aguicheurs, le Tube répond aux besoins primaires d'un auditoire qui ne voit aucune différence entre musique mainstream et rationalisation d'un produit éphémère prêt à être consommé dans l'immédiat : Couplet/refrain insipide, point final.




Le cas de Kari Kollgang est une parodie de ce qui se fait de pire en France, la bêtise médiatique et le nivellement dans les basses couches du commercial diffusé à grande échelle. Plein Comme Une Andouille est un pur produit Belge, une auto-dérision aussi discutable. La Belgique par ses labels ( notamment Gamm Records) n'en finit plus de chatouiller la curiosité tant les artistes, même les plus débutants, pouvaient graver un 45 tours qui d'avance ne connaitrait qu'un succès local.



Poopeloooooooo !




Nos mais les animaux

Voilà qui vient à point nommé, un EP entièrement consacré aux animaux. L'idée s'est concrétisée depuis l'enfance même de son aut...